J’ai eu la chance il y a quelques mois de rencontrer Sylvia, une personne pétillante, souriante et pleine de vie, avec un regard sur les choses qui nous entoure surprenant et tellement rafraichissant !

Le plaisir de cette rencontre ne s’est évidemment pas arrêté à l’entretien et l’échange que nous avons eu ensemble et j’ai eu la joie de l’accompagner dans un voyage totalement inattendu et surprenant qui s’est déroulé devant nous comme un film. Une histoire incroyable pour voir le monde à travers vos yeux d’enfants et retrouver le sourire.

En faisant la retranscription, je me suis vraiment demandé comment j’ai pu garder mon sérieux sans éclater de rire pendant cette séance tellement rafraichissante avec une leçon si simple et si puissante à la fois qui parlera à tous sans aucun doute.

Le ballon rouge

  • Que vois-tu autour de toi ?
  • Un ballon rouge
  • Où est-il ce ballon exactement ?
  • … dans une cour d’école… avec une marelle, il y a un ballon rouge.
  • Et quel temps fait-il ?
  • Il fait beau. C’est l’été. Il n’y a pas d’enfants pour l’instant dans la cour.
  • Tu es seule dans cette cour ?
  • Je ne sais pas. Je ne vois pas. Il n’y a qu’un ballon. Je vois juste un ballon.
  • Est-ce qu’il y a du bruit autour de toi ou pas ?
  • … Il y a des guêpes… ou des abeilles… Il y a des cours en fait. Les enfants sont en classes.
  • Est-ce que tu les vois, tu les entends ? Comment sais-tu qu’ils sont en classe ?
  • Parce qu’il y a des bruits de classe, parce que les fenêtres sont entre-ouvertes. Il fait chaud… (rit)
  • Oui. Qu’y a-t-il ?
  • (Hésite) C’est comme si c’était moi le ballon en fait !
  • Tu as l’impression d’être ce ballon ? Quelle impression ça fait ?
  • C’est très drôle. (rit)
  • Qu’est-ce qui est drôle ?
  • C’est très drôle, parce que je peux faire ce que je veux. Je peux m’amuser à rebondir. C’est hallucinant d’être un ballon !
  • Est-ce que tu es un petit ballon, un gros ballon ?
  • Un gros ballon rouge
  • Et que se passe-t-il après ?
  • En fait, ça fait rire les enfants.
  • Qu’est-ce qui fait rire les enfants ?
  • Ils voient un ballon qui a l’air complètement fou dans la cour parce qu’il bouge tout seul et ils sont heureux. Ça les fait rigoler. Tout le monde rigole (souriante)
  • Et comment arrives-tu à bouger, à rebondir comme ça ?
  • … Je ne sais pas… Je suis un ballon ! (étonnée et amusée)
  • On va maintenant accélérer le temps pour voir ce qui se passe juste après.
  • Les enfants sortent dans la cour, c’est la récréation. Ils veulent jouer avec le ballon, mais le ballon se transforme en chat en fait.
  • Le ballon se transforme en chat ?
  • C’est débile. Je suis désolé. C’est débile. Et les enfants caressent le chat et… ils sont contents.
  • Comment est ce chat ?
  • C’est un bon p’tit chat gris et blanc. Il est tout content. Il est juste là pour être ballon et chat, juste là pour que les enfants soient heureux. C’est sa mission, c’est tout.
  • Est-ce qu’il y a d’autres choses dont tu aimerais me parler dans cette scène là où tu es ?
  • C’est calme. Les enfants rigolent. Il n’y a rien de spécial. Je ne vois rien. On joue tranquille. Ce sont des enfants dans une cour.
  • Donc on peut accélérer encore un peu le temps pour voir ce qui se passe après. Que se passe-t-il après ?
  • Les enfants rentrent en classe, le ballon continue… Il se fait shooter par une voiture…
  • Le ballon ou le chat ?
  • Le ballon.

Les lutins

  • Et comment te sens-tu alors ?
  • (rit) Il y a une voix qui me dit « c’est bien fait pour toi, fallait pas te transformer en ballon ! »… On est des sortes de p’tits lutins et on fait ce qu’on veut en fait. On ne meurt pas. Le ballon a été shooté, mais il n’est pas mort en fait. C’est… on est des lutins et en fait, on fait ce qu’on veut. On s’amuse.
  • Et donc c’est un autre lutin qui t’a dit ça ?
  • Surement, oui.
  • Et comment es-tu quand tu n’es pas en ballon alors ?
  • Je suis en lutin.
  • Et tu ressembles à quoi ?
  • Je suis un p’tit… on est tous pas très grands. On est…
  • Comment sont tes chaussures par exemple ?
  • Pointues. Des p’tites chaussures pointues… Mais des fois on est petits comme l’herbe en fait.
  • Tu veux dire que tu peux changer ta taille ou c’est ta taille normale ?
  • Non, ça doit être notre taille normale. On est 3.
  • Oooh ! Vous êtes 3 ? Qui sont les 2 autres ?
  • On est 3 p’tits lutins. On doit être frères et sœurs… frères… On dirait des lutins garçons.
  • Et comment sont tes vêtements ?
  • … Ce sont des p’tits pantalons et des p’tits hauts. C’est vert.
  • Qu’est-ce que tu as sur tes cheveux ?
  • Un p’tit bonnet pointu, un autre qui n’a rien. Et on peut se transformer comme on veut en fait.
  • Tu peux te transformer en ce que tu veux ? En objet ? En être animé ou inanimé ?
  • Pas en personne, non. Dans des objets.
  • En animaux aussi ?
  • À ben oui, le chat !
  • Et est-ce que les humains peuvent te voir quand tu es en lutin ou pas ?
  • Non
  • Et donc tu passes ton temps à venir te transformer pour faire rire les enfants ?
  • Non. En fait, c’est que là, j’avais envie de faire rire ou on avait envie de faire rire les enfants. On fait toutes les choses à 3 en fait. On est tout le temps tous les 3 et on fait tout ensemble. On rigole bien.
  • Et où est-ce que tu habites ? Est-ce qu’il y a un endroit où tu vis, où tu dors ?
  • On dort sous les arbres. Dans les racines en fait.
  • Donc tu n’as pas un arbre en particulier, peu importe lequel ?
  • Apparemment, oui.
  • Et comment fais-tu alors pour aller sous les racines ?
  • (évident) On a des p’tites portes.
  • Oh donc ce sont des endroits que vous créez, que vous construisez ?
  • Non… Je ne sais pas… C’est comme une petite porte en bois, donc on a bien dû la construire… Je ne sais pas.
  • D’accord. Est-ce que vous êtes tous les 3 sous le même arbre ?
  • On est tous les 3. On est inséparables. On est toujours là et on aime bien faire des p’tites farces, des p’tites choses. On trouve les humains trop drôles.
  • Pourquoi cela ?
  • On les trouve trop bêtes.
  • Et est-ce que vous faites aussi des farces entre vous ?
  • Oui, aussi.
  • Est-ce que vous avez des rôles différents ?
  • Non.
  • Il n’y en a pas un qui est plus âgé que les autres, plus chef ?
  • Non.
  • Est-ce que vous mangez ? Est-ce que tu dois te nourrir ou pas ?
  • Non, je ne vois pas.
  • Et c’est toujours des p’tites blagues drôles ou est-ce qu’il vous arrive de faire des choses un peu plus méchantes ?
  • Nous on est gentils. Il y en a qui peuvent être moins sympas, mais nous on est gentils.
  • Donc tu passes ton temps à t’amuser, à rire, à faire des blagues ?
  • On doit faire des choses normalement pour les arbres… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? (rit)
  • Que faites-vous pour les arbres ?
  • Est-ce que tu peux communiquer avec les arbres ?
  • Oui
  • Comment fais-tu ?
  • On parle.
  • Et donc c’est toi qui as besoin des arbres ou les arbres qui ont besoin de vous ?
  • Ce sont les arbres qui ont besoin de nous.
  • Comment cela ?
  • Je ne sais pas ! Pourquoi ont-ils besoin de nous ?… On doit transporter des choses pour eux d’un arbre à un autre. C’est comme s’il y avait des réseaux électriques sous la terre… enfin des réseaux de fils qui relient les arbres et on doit faire les connexions.
  • Quel est l’intérêt de faire ces connexions ?
  • C’est l’équilibre de la nature ils me disent.
  • D’accord. Et est-ce que tu aimes faire ça ?
  • On fait. Je ne sais pas si on aime faire ça, parce qu’on aime bien faire des blagues. Les arbres nous disputent.
  • Pourquoi donc ?
  • Ben parce qu’on devrait plutôt faire les connexions pis on va trop faire des farces.
  • Et quel âge as-tu ? Tu es plutôt jeune ou âgé ?
  • On est tout p’tits, tout p’tits, mais… on a des centaines d’années. Les p’tits lutins sont très vieux en fait… Mais on a des âmes comme des enfants sur terre.
  • Qu’est-ce qui fait que les humains ne peuvent pas vous voir ?
  • On n’est pas dans le même… plan d’énergie.
  • Pourtant ils peuvent vous voir quand vous vous transformez en ballon ou en chat ? C’est vous qui décidez si vous voulez être vus ou pas ?
  • Oui, c’est nous ! Nous 3 on aime bien faire des choses comme ça.
  • Quel genre de blagues aimes-tu faire encore ?
  • On a mis des p’tites pierres devant une maison. Et ça fait beaucoup râler la dame parce qu’elle doit balayer les p’tites pierres. Ce n’est pas gentil. Du coup, on n’arrête pas de lui mettre des p’tites pierres.
  • Et vous venez voir quand elle balaie ?
  • Oui et on trouve ça drôle.
  • Est-ce que vous êtes toujours au même endroit ou vous voyagez ?
  • Là pour l’instant on est au même endroit. Il y a un p’tit coin de forêt, de campagne et il y a le village.
  • Et est-ce que tu as des parents ou pas ? Tu as de la famille ?
  • Non. On n’est même pas des frères. On est des amis lutins en fait. Mais il n’y a pas de parents. Ça n’existe pas.

La city

  • Je te propose qu’on s’éloigne de cette scène et on va avancer à une autre journée importante dans la vie de ce p’tit lutin. Et tu es maintenant à cette journée. Où es-tu ?
  • Là, je vois la circulation en plein dans Londres… Je ne sais pas ce qu’il fait là le lutin, parce qu’il n’y a pas d’arbres là.
  • Est-ce que tu es avec tes 2 amis lutins ou pas ?
  • Non.
  • Tu es tout seul ?
  • Ben… oui.
  • Et comment te sens-tu ?
  • … Je ne sais pas, je ne suis pas lutin… Non il n’y a pas de lutin là… Non, je suis en plein dans Londres, dans la circulation.
  • Est-ce que tu es au milieu de la route, sur le trottoir ? Tu es où exactement ?
  • Je suis sur le trottoir. Je vais vite au travail…
  • Et comment tu es physiquement ?
  • Je suis un homme. C’est typique de ces hommes ‘British’ qui travaillent dans la ‘City’. Et la vie est folle. C’est un tourbillon pas possible… Ha ! l’homme est du village où il y a les p’tits lutins en fait… Il rêve à son village.
  • Est-ce que tu es cet homme ou pas ?
  • Oui.
  • Qu’est-ce qui pense de son village ?
  • Qu’il a besoin de ce calme, de la paix de son village, que Londres, il n’en peut plus de cette vie-là. Il n’en peut plus de ces gens, il n’en peut plus de cette circulation. Il n’en peut plus des bruits, des gens, des ordres… Il voudrait retourner dans son village… Ha oui ! C’était un des p’tits enfants qui voyait le ballon.
  • Et que se passe-t-il ensuite ?
  • Il rentre chez lui. Il n’est pas bien. Il a une femme, il a un p’tit garçon. C’est de la routine, c’est de l’obligation et il se dit qu’il y a autre chose, mais il ne sait pas comment.
  • Et est-ce que les p’tits lutins peuvent l’aider ?
  • Non. Pas en ville.
  • Oh ! Ils sont juste à la campagne ?
  • Oui… dans les parcs peut-être. Il faut qu’il y ait des arbres. Il faut qu’il y ait de la nature. Il faut qu’il y ait de l’herbe et des arbres.
  • Ils ont obligatoirement besoin d’herbe et d’arbres pour être présents ?
  • Oui… Leur présence est justifiée quand il y a des arbres et de l’herbe.
  • Pourquoi donc exactement ?
  • Pour faire les connexions ! Je t’ai dit !
  • Parce que c’est leur travail ?
  • Oui.
  • Et peuvent-ils quand même voyager là où ils veulent tant qu’il y a des arbres où ils vont à un endroit qui leur est assigné.
  • … Ils tombent un jour à un endroit et ils sont là comme ça. C’est… Pouf ! Et ils sont là ! Donc en fait ce ne sont pas eux qui décident… Enfin, je ne sais pas… Non, on ne décide pas.
  • Que se passe-t-il alors pour cet homme, que fait-il ?
  • Il est tellement triste. Il a tout ce qu’il faut. Il a une maison, une femme, un enfant, il gagne bien sa vie.
  • Qu’est-ce qui fait qu’il est triste alors ?
  • Il est tellement malheureux. Il se dit que la vie c’est autre chose que de se lever le matin, d’aller travailler et de rentrer le soir. Il se dit qu’il ne fait rien. Il ne sait pas comment faire. Il ne sait pas comment rendre sa femme heureuse.
  • On va aller voir un peu plus ce qui se passe pour cet homme si c’est approprié. Que se passe-t-il ? Que fait-il ?
  • Il est à l’enterrement de sa mère… Non, sa vie est linéaire… Il ne ressort rien. Il n’apprend rien. Il ne fait rien de cette vie en fait… On est malheureux quand on ne cherche pas à apprendre.
  • Qu’est-ce que tu veux dire ?
  • Il ne faut pas se contenter des choses… Il faut ouvrir. Il faut essayer de chercher les p’tits lutins… C’est une parabole ils disent… Il faut ouvrir et lui n’ouvre rien.
  • Comment faut-il faire pour ouvrir ?
  • Il faut regarder le ciel et la nature. Il faut regarder la nature.
  • Et qu’est-ce que ça va apporter d’ouvrir comme ça ?
  • Comprendre pourquoi, ce qu’on doit faire. Le travail sur Terre est un artifice.
  • Qu’est ce que tu veux dire ?
  • Ce n’est pas la vérité. Ce n’est pas le but. Voilà ! Dans vos mots, ce n’est pas le but.
  • C’est quoi le but alors exactement ?
  • Il est différent pour chacun le but. Le but passe aussi par l’ouverture sur les autres, tout le temps, sur l’Amour. Et chacun a des buts différents à faire dans l’Amour, mais lui, son but n’était pas de travailler tout le temps. Il s’est trompé.
  • Et c’était quoi son but à lui ?
  • C’était de s’intéresser aux autres. Il n’a pas su le faire et il a été malheureux.

Conversation avec le Subconscient

  • Pourquoi avez-vous montré ces petits lutins à Sylvia aujourd’hui ?
  • Pour qu’elle sache qu’en elle, elle avait la joie de vivre.
  • Est-ce que c’est une de ses vies passées ? Est-ce qu’elle a été lutin dans une vie passée ?
  • (en riant) bien sûr !
  • Donc elle était un de ses lutins ? C’était elle ?
  • Bien sûr !
  • C’était à quelle époque exactement ? Je sais que le temps n’existe pas vraiment, mais est-ce que c’était à notre époque aujourd’hui ? Est-ce que c’était à un autre moment ?
  • C’est quoi votre époque ?
  • En fait, la raison pour laquelle je pose cette question est de savoir si de nos jours, aujourd’hui, il y a toujours autant de petits lutins présents ?
  • Bien sûr !
  • … qui font des blagues ?
  • Bien sûr. Elle l’a en elle. Qu’elle recommence à faire des blagues et elle retrouvera une partie de la joie. Elle ne fait plus de blagues.

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